Aujourd'hui et plus qu'à un autre moment j'ai envie de faire les louanges de ce jour que l'on consacre aux mamans.

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Peut-être qu'aujourd'hui on parle plus d'une fête commerciale mais son origine est une fête des grecs anciens qui célebraient leur déesse Rhea au printemps, puis la fête des Matraliae en juin. Ce sont les anglais qui ont instauré un dimanche pour nos mères, au XVIème siècle. 

Alors , moi qui suis devenue maman en ce joli mois de mai, je repense à la mienne, à toutes les autres et j'ai envie de faire partager avec elles ce court extrait du livre de ma mère, d'Albert Cohen:

"Louange à vous, mères de tous les pays, louange à vous en votre soeur ma mère, en la majesté de ma mère morte. Mères de toute la terre, Nos Dames les mères, je vous salue, vieilles chéries, vous qui nous avez appris à faire les noeuds des lacets de nos souliers, qui nous avez appris à nous moucher, oui, qui nous avez montré qu'il faut souffler dans le mouchoir et y faire feufeu, comme vous nous disiez, vous, mères de tous les pays, vous qui patiemment enfourniez, cuillère après cuillère, la semoule que nous, bébés, faisions tant de chichis pour accepter, vous qui, pour nous encourager à avaler des pruneaux cuits, nous expliquiez que les pruneaux sont de petits nègres qui veulent rentrer dans leur maison et alors le petit crétin, ravi et soudain poète, ouvrait la porte de la maison, vous qui nous avez appris à nous gargariser et qui faisiez reureu pour nous encourager et nous montrer, vous qui étiez sans cesse à arranger nos mèches bouclées et nos cravates pour que nous fussions jolis avant l'arrivée des visites ou avant notre départ pour l'école, vous qui sans cesse harnachiez et pomponniez vos vilains nigauds petits poneys de fils dont vous étiez les bouleversantes propriétaires, vous qui nettoyiez tout de nous et nos sales genoux terreux ou écorchés et nos sales petits nez de marmots morveux, vous qui n'aviez aucun dégoût de nous, vous, toujours si faibles avec nous, indulgentes qui plus tard vous laissiez si facilement embobiner et refaire par vos fils adolescents et leur donniez toutes vos économies, je vous salue, majestés de nos mères. Je vous salue, mères pleines de grâce, saintes sentinelles, courage et bonté, chaleur et regard d'amour, vous aux yeux qui devinent, vous qui savez tout de suite si les méchants nous ont fait de la peine, vous, seuls humains en qui nous puissions avoir confiance et qui jamais, jamais ne nous trahirez, je vous salue, mères qui pensez à nous sans cesse et jusque dans vos sommeils, mères qui pardonnez toujours et caressez nos fronts de vos mains flétries, mères qui nous attendez, mères qui êtes toujours à la fenêtre pour nous regarder partir, mères qui nous trouvez incomparables et uniques, mères qui ne vous lassez jamais de nous servir et de nous couvrir et de nous border au lit même si nous avons quarante ans, qui ne nous aimez pas moins si nous sommes laids, ratés, avilis, faibles ou lâches, mères qui parfois me faites croire en Dieu."

On ne peut expliquer ce nouveau rôle, sinon le vivre, et c'est un instant de doute, de peur, de rire, d'allegresse, qui me fait naître un sentiment de fiereté d'appartenir moi aussi à ce clan de femmes. Je me sens déjà mère poule, mère tigresse, mère, mère mère.... Grâce à ma fille je connais moi aussi désormais ce lien sacré qui nous lie à eux , nos petits citoyens.

Bonne fête Maman